Critique de livre
Critique d’A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge
Une critique professionnelle de A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge de George Berkeley, centrée sur l'immatérialisme, l'argument antisceptique, les engagements religieux, l'adéquation au lectorat et les bonnes alternatives.
- Auteur
- George Berkeley
- Première publication
- 1710
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https://openlibrary.org/works/OL1066805Wcritique d’A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge : le plaidoyer audacieux de Berkeley contre la matière
Cette critique d’A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge commence par une affirmation qui peut paraître plus étrange qu'elle ne l'est. Berkeley ne cherche pas principalement à convaincre les lecteurs que le monde est irréel. Il cherche à les convaincre que le monde dont nous faisons effectivement l'expérience n'a pas besoin, derrière lui, d'une substance matérielle indépendante de l'esprit. Cette différence compte. Beaucoup de lecteurs qui l'abordent pour la première fois s'attendent à une prouesse, à un paradoxe ou à une habile négation du sens commun. Ils trouvent plutôt un argument de la première modernité, très concentré, sur la perception, l'abstraction, le scepticisme et les conditions dans lesquelles la réalité ordinaire devient intelligible.
La thèse centrale est que A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge mérite encore d'être lu parce qu'il est à la fois plus restreint et plus radical que sa réputation ne le laisse entendre. Plus restreint, parce que Berkeley ne propose pas une philosophie complète de la vie ni une méditation spirituelle à tout usage. Il vise des présupposés précis sur la matière, les idées et la connaissance. Plus radical, parce qu'il ne se contente pas d'ajuster l'empirisme à la marge. Il part de prémisses empiristes pour soutenir que la substance matérielle supposée n'ajoute rien que l'esprit puisse véritablement concevoir, tout en affirmant que ce geste protège la réalité du monde sensible au lieu de l'abolir.
Cette combinaison donne encore au livre une vraie force dans le rayon philosophie et psychologie. Berkeley écrit avant que la psychologie existe au sens académique moderne, mais son intérêt pour la perception, le contenu mental et la manière dont les êtres humains prennent des abstractions pour des réalités donne au traité une forte dimension psychologique. Il appartient aussi naturellement à histoire et idées, car le livre s'inscrit dans un débat vivant de la première modernité sur l'empirisme, le scepticisme, la science et la religion. Les lecteurs qui veulent un court classique encore capable de réorganiser leurs lectures ultérieures trouveront ici un meilleur candidat que le titre austère ne pourrait le laisser croire.
Ce que Berkeley soutient réellement
Le geste central du livre est célèbre par sa rigueur. Berkeley affirme que les objets immédiats de la connaissance humaine sont des idées : les choses que les personnes perçoivent, imaginent, se remémorent et combinent dans l'expérience. À partir de là, il pose une question qui demeure inconfortable : que désigne exactement une substance matérielle qui existerait derrière ou sous ces idées, si elle ne peut jamais être elle-même perçue ? Sa réponse est que la notion de matière, du moins au sens dont ses adversaires ont besoin, est vide ou confuse. Il est possible de parler de façon signifiante des couleurs, des sons, des goûts, des formes, de la résistance et du mouvement tels qu'ils sont éprouvés. La pensée n'atteint pas une conception positive claire en ajoutant un support matériel invisible censé se tenir sous eux.
C'est ici que le traité devient plus fort que sa caricature. Berkeley ne dit pas seulement que l'expérience sensible est tout ce à quoi nous avons, de fait, accès. Il dit que les philosophes introduisent souvent en douce des entités abstraites qui dépassent ce que leurs propres théories de la connaissance peuvent justifier. Si toute connaissance commence avec ce qui est donné dans l'expérience, alors le recours à des substrats matériels inconnaissables commence à ressembler à une habitude verbale plutôt qu'à une véritable explication. Berkeley veut exposer cette habitude et la briser.
Une autre cible majeure est celle des idées générales abstraites. Il résiste à l'affirmation selon laquelle l'esprit peut former des idées abstraites pleinement indéterminées, dépouillées de toute particularité. Cet argument compte parce que, pour Berkeley, plusieurs erreurs philosophiques dépendent du fait que l'on traite l'abstraction comme si elle livrait une réalité plus claire que la perception. Une fois ce mécanisme mis en question, la substance matérielle ressemble moins à un fondement nécessaire qu'à un reste conceptuel.
La mise en garde la plus importante ici est interprétative. Berkeley est souvent réduit à l'idée grossière selon laquelle rien n'existe à moins qu'un observateur humain soit en train de le regarder. Ce n'est pas sa position. Il conserve les esprits ou les âmes comme réels, et il traite le monde sensible comme un ordre stable d'idées données selon des lois régulières. Sa véritable thèse est plus précise et plus difficile : la réalité du monde est inséparable du fait d'être perçue, mais cela n'en fait pas une fantaisie privée ni une illusion intermittente.
Pourquoi le livre compte encore dans les débats sur l'empirisme et le scepticisme
L'intérêt durable du traité de Berkeley ne tient pas seulement au fait qu'il propose l'immatérialisme. Il tient au fait que Berkeley considère l'immatérialisme comme le remède au scepticisme, non comme sa forme la plus extrême. Ce renversement est la surprise la plus profonde du livre. Les lecteurs modernes supposent souvent que nier la matière doit rendre la réalité moins sûre. Berkeley pense l'inverse. Il croit que le matérialisme crée des énigmes inutiles sur la manière dont l'esprit atteint un monde extérieur supposément différent des idées par lesquelles il est connu. Si l'on retire la substance matérielle, soutient-il, on retire l'écart qu'exploite le doute sceptique.
Vu ainsi, le livre entre en conversation directe avec Philosophical essays concerning human understanding et A treatise of human nature, même si Hume pousse finalement l'empirisme dans une autre direction. Berkeley et Hume se méfient tous deux des prétentions métaphysiques enflées, mais Berkeley essaie de sécuriser l'expérience ordinaire par une clarification théologique et métaphysique, tandis que Hume accentue souvent la pression sur ce que l'expérience peut justifier. Lire Berkeley avant Hume, ou à côté de lui, aide les lecteurs à sentir à quel point l'empirisme de la première modernité était réellement instable. La tradition n'a pas simplement avancé en ligne droite vers un sens commun séculier. Elle a produit des tentatives concurrentes pour expliquer ce que l'expérience autorise et ce qu'elle n'autorise pas.
Le traité compte aussi parce qu'il met en scène un argument encore vivant sous des formes modifiées. Les questions de perception, de représentation, de réalisme et de statut des entités inobservables ne disparaissent pas avec le vocabulaire de la première modernité. Les philosophes ultérieurs rejettent, révisent ou réinterprètent Berkeley, mais ils n'échappent pas simplement au défi qu'il pose. Lorsqu'une théorie fait appel à des structures ou à des substances situées au-delà de l'expérience possible, qu'est-ce qui donne à cet appel un contenu plutôt qu'une simple commodité verbale ? La réponse propre de Berkeley ne satisfera pas tous les lecteurs, mais la pression de la question demeure puissante.
Il existe aussi une valeur historique qui dépasse l'influence. Certains livres survivent parce qu'ils sont cités à répétition ; d'autres survivent parce qu'ils apprennent encore aux lecteurs comment l'audace philosophique résonne sur la page. Berkeley appartient au second groupe. Même les lecteurs peu sympathiques à sa thèse peuvent sentir la confiance inhabituelle d'un argument prêt à prendre les scrupules empiristes plus au sérieux que beaucoup d'empiristes ne le souhaitent.
Religion, Dieu et le projet antisceptique
Aucune critique sérieuse de Berkeley ne peut esquiver la dimension religieuse. Dieu n'est pas décoratif dans ce livre. L'activité divine fait partie de la structure qui tient ensemble le monde de Berkeley. L'ordre sensible n'est pas aléatoire, et sa persistance ne dépend pas du fait qu'un esprit humain fini quelconque continue de le percevoir. L'explication de Berkeley repose plutôt sur une intelligence divine omniprésente pour rendre compte de la régularité, de la continuité et de la stabilité publique de l'expérience. Si cette prémisse paraît immense, c'est qu'elle l'est. Le livre ne cache pas sa dépendance envers des engagements théologiques.
Cela peut être une force ou un obstacle, selon le lecteur. Comme force, cela montre que la philosophie de Berkeley est plus systématique que ne le suggère la caricature scolaire. Il ne rejette pas la matière pour laisser un vide. Il remplace une explication du support ontologique par une autre, et il pense que ce remplacement est supérieur parce qu'il correspond mieux à l'expérience tout en évitant l'effondrement sceptique. Dans ses propres termes, il s'agit d'un argument contre l'irréligion et l'athéisme aussi bien que contre la substance matérielle.
Comme obstacle, l'appel à Dieu peut ressembler au point où l'argument change de registre. Un lecteur peut accepter la critique berkeleyenne de la substance matérielle tout en hésitant lorsque la perception divine intervient comme réponse stabilisatrice. Cette hésitation est légitime. Le traité n'est pas une pièce neutre d'analyse conceptuelle. C'est une intervention partisane écrite par quelqu'un qui pense que la métaphysique, l'épistémologie et la théologie vont ensemble.
La meilleure manière de lire cet aspect du livre n'est ni de l'écarter d'un geste ni de le laisser tout absorber. Les engagements théologiques de Berkeley sont indispensables à l'architecture de l'argument, mais ils ne sont pas la seule raison pour laquelle le traité compte. Même les lecteurs qui rejettent la solution peuvent apprendre du diagnostic. Berkeley voit qu'une philosophie de la perception ne peut pas rester indifférente aux questions d'ordre, de continuité et de relation entre l'expérience privée et un monde partagé. Il choisit une résolution théologique. Que l'on le suive ou non jusque-là, le problème qu'il tente de résoudre demeure réel.
Style, structure et difficulté
L'une des raisons pour lesquelles le traité fonctionne encore comme texte primaire est que Berkeley écrit avec une franchise inhabituelle. Ce n'est pas une cathédrale philosophique ornée, bâtie sur des pages d'échafaudage technique avant que la thèse apparaisse. Il avance plutôt par affirmations claires, distinctions affûtées et volonté tenace de revenir aux premiers principes. Cela aide le livre à rester lisible même lorsque les enjeux sous-jacents sont abstraits.
Lisible, cependant, ne signifie pas facile. Les arguments supposent que le lecteur remarque de fines différences entre percevoir une qualité, poser une substance, concevoir une idée et employer un mot sans idée claire qui lui soit attachée. Si ces distinctions se brouillent, Berkeley peut sembler soit trivial, soit absurde. Il n'est ni l'un ni l'autre. La difficulté du livre tient au fait qu'il traverse des concepts assez petits pour paraître inoffensifs, jusqu'au moment où leurs conséquences commencent à s'élargir.
C'est aussi là que la forme importe. A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge possède une structure comprimée, sous haute pression. Il s'égare peu. Il définit les termes, attaque les présupposés et pousse vers les conséquences. Certains lecteurs aimeront cette concentration parce qu'elle donne de l'énergie au livre. D'autres le trouveront légèrement étouffant, parce que Berkeley ne s'intéresse guère aux digressions panoramiques ni aux vastes portraits culturels. Il instruit un dossier.
Pour les lecteurs qui veulent la même doctrine générale sous une forme plus conversationnelle, Three dialogues between Hylas and Philonous est souvent le meilleur compagnon. Les dialogues dramatisent les objections et les réponses d'une manière que le traité ne fait pas. Mais le traité a son propre avantage : il montre l'architecture dans une ligne plus nette et plus systématique. Si les dialogues sont Berkeley dans sa forme la plus accessible, le traité est Berkeley dans sa forme la plus concentrée.
Forces : rigueur, ambition et audace conceptuelle
La première force du livre est sa rigueur au niveau des présupposés initiaux. Berkeley n'accepte pas la notion de matière parce qu'elle est familière, institutionnellement respectable ou culturellement héritée. Il demande sans cesse quel contenu possède réellement le terme une fois que l'expérience est prise au sérieux. Cette discipline donne au traité une sévérité admirable. Il ne se contente pas de réarranger la métaphysique reçue lorsqu'il peut contester les termes mêmes sur lesquels cette métaphysique a été construite.
La deuxième force est une ambition philosophique comprimée dans un bref espace. Berkeley aborde la perception, l'abstraction, la substance, la causalité, le langage, le scepticisme et la théologie sans s'étendre en un système informe. La compression accroît la difficulté, mais elle donne aussi à l'œuvre sa pression mémorable. Le livre ressemble moins à un classique rembourré qu'à un argument conçu pour modifier le sens qu'a le lecteur de ce qui compte comme intelligible.
Sa troisième force est sa manière de renverser les attentes. Beaucoup de philosophes attaquent le scepticisme en essayant de prouver un monde matériel extérieur. Berkeley attaque le scepticisme en soutenant que la substance matérielle était l'erreur. Ce renversement reste intellectuellement vif. Même les lecteurs qui n'adhèrent pas à la solution admirent souvent l'audace du geste. C'est le type d'argument qui clarifie une tradition en refusant de rester dans les options qu'elle attend.
Il y a aussi une force littéraire qui mérite d'être notée. La prose de Berkeley n'est pas éblouissante au sens ornemental, mais elle est agile. Il sait présenter une affirmation sous une forme qui fait sentir aux lecteurs la force de leurs propres présupposés. Une bonne écriture philosophique dépend souvent moins du langage décoratif que de la pression, de l'enchaînement et de l'exactitude. À ces égards, Berkeley est constamment efficace.
Enfin, le traité mérite une place élevée comme livre de parcours de lecture. Il aide à organiser les classiques voisins. Locke devient plus clair après que Berkeley a contesté l'idée même de support matériel. Hume devient plus incisif après que Berkeley a tenté de sauver l'expérience du scepticisme sans renoncer à son immédiateté. Les réactions ultérieures du sens commun et du réalisme deviennent plus intelligibles une fois que le défi de Berkeley est ressenti dans toute sa force. Une bibliothèque de critiques devrait valoriser les livres qui rendent les livres voisins plus lisibles, et celui-ci le fait assurément.
Réserves : là où les lecteurs risquent le plus de résister
La réserve la plus évidente est que la conclusion de Berkeley peut sembler incroyable bien avant que le lecteur ait pleinement suivi le chemin qui y mène. Si vous décidez trop tôt que l'ensemble est absurde, le livre se referme. Bien lire Berkeley consiste en partie à accorder à l'argument assez de patience pour voir pourquoi un philosophe intelligent a pensé que la substance matérielle, et non l'immatérialisme, était la position la plus confuse.
Une deuxième réserve est que la structure théologique n'est pas optionnelle. Certains lecteurs modernes veulent le défi antimatérialiste sans l'appel à Dieu. Berkeley n'offre pas ce compromis. On peut reconstruire des parties de l'argument dans un idiome plus séculier, et des philosophes ultérieurs l'ont fait, mais ce texte lui-même joint l'analyse métaphysique à la théologie d'une façon qui ne peut pas être poliment supprimée. Pour certains lecteurs, ce sera stimulant ; pour d'autres, ce sera l'obstacle décisif.
Il existe aussi un risque de créditer Berkeley à l'excès de positions qu'il ne tient pas tout à fait, ou de lui reprocher à l'excès des caricatures qu'il ne mérite pas. Il ne dit pas simplement que les objets physiques sont des rêves, et il ne propose pas non plus une théorie contemporaine du langage, de la perception ou de la science. C'est un philosophe de la première modernité qui travaille avec les outils et les problèmes de son moment. La meilleure posture de lecture est exacte plutôt qu'anachronique. Cela signifie résister à la fois à la version plaisanterie dédaigneuse et à la version prophétie grossie.
Les lecteurs qui cherchent de la chaleur émotionnelle, une orientation morale ou une réflexion existentielle peuvent aussi trouver le traité austère. Il est animé par des enjeux élevés, mais non par une intimité confessionnelle. La récompense est la netteté conceptuelle. Le revers est que le livre peut ressembler davantage à l'entrée dans une dispute qu'à la réception d'une sagesse. Ce n'est pas un défaut en soi, mais c'est une information importante sur l'adéquation au lecteur.
Qui devrait le lire, et que lire à la place si ce n'est pas votre domaine
Ce livre convient surtout aux lecteurs qui aiment voir un grand argument poussé de l'intérieur. Si vous voulez comprendre comment l'empirisme de la première modernité a pu produire non seulement une observation prudente mais aussi un idéalisme audacieux, Berkeley est essentiel. Si vous êtes curieux du rapport entre perception et réalité, ou de la raison pour laquelle le scepticisme devient un problème si récurrent dans la philosophie moderne, c'est un texte primaire solide à garder sur la liste.
Il est aussi très utile pour les étudiants qui ont entendu parler de Berkeley sans jamais le lire de près. La version réduite au slogan de cours est trop petite pour le vrai livre. Le traité révèle un penseur plus systématique, plus théologique et plus antisceptique que ne le suggère sa réputation populaire. Cela suffit à justifier qu'on y revienne en entier plutôt que sous forme de note de bas de page dans l'histoire de quelqu'un d'autre.
Qui pourrait vouloir d'abord une alternative ? Les lecteurs qui veulent voir la position centrale de Berkeley mise en scène de façon plus dramatique devraient probablement commencer par Three dialogues between Hylas and Philonous. Les lecteurs dont l'intérêt principal porte sur le scepticisme, l'induction et les limites de la preuve trouveront peut-être une prise plus immédiate dans Philosophical essays concerning human understanding. Les lecteurs qui veulent une présentation plus vaste et plus dense des pressions que l'empirisme exerce sur la nature humaine peuvent passer à A treatise of human nature. Ce ne sont pas des substituts à tous égards, mais ce sont des voies voisines utiles selon le problème intellectuel que le lecteur souhaite le plus poursuivre.
Ce livre convient moins à quelqu'un qui cherche une philosophie pratique au sens ordinaire. Berkeley n'écrit pas un manuel de conduite, de consolation ou de discipline. Il écrit une intervention métaphysique et épistémologique. L'effet peut tout de même être personnellement transformateur, mais indirectement, en ébranlant ce que le lecteur tient pour acquis au sujet du monde plutôt qu'en offrant une orientation immédiate sur la manière de vivre.
Évaluation finale
A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge fait partie de ces courts livres philosophiques qui se révèlent beaucoup plus vastes de l'intérieur. Son affirmation selon laquelle la substance matérielle est une fiction inutile et confuse demeure provocatrice, mais le véritable accomplissement est plus large que la doctrine mise en avant. Berkeley force le lecteur à se demander ce que les concepts signifient réellement une fois que l'expérience fixe les termes, comment le scepticisme naît des représentations de la connaissance, et quel type de monde demeure lorsque la philosophie refuse de se cacher derrière des abstractions vides.
Les limites du livre sont réelles. Ses engagements théologiques sont constitutifs, non accessoires. Son assurance polémique peut aliéner les lecteurs qui préfèrent une prose exploratoire plutôt qu'accusatrice. Et ses récompenses sont les plus grandes pour ceux qui acceptent de rester avec des distinctions de la première modernité qui ne se traduisent pas instantanément dans le vocabulaire contemporain. Mais ces limites font partie d'un rapport honnête à l'œuvre ; elles ne sont pas des raisons de l'aplatir en curiosité.
Le juste verdict est donc fort mais nuancé. Lisez Berkeley ici si vous voulez un classique compact, intellectuellement audacieux, qui traite la perception, la réalité et le scepticisme comme des problèmes inséparables. Choisissez un autre point d'entrée si vous voulez un contexte narratif, une orientation éthique ou un chemin moins engagé théologiquement vers la philosophie moderne. Sur son propre terrain, toutefois, ce livre demeure sérieux, difficile et encore revigorant.
Pour situer A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge dans le catalogue, consultez aussi les catégories de critiques.
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