Critique de livre

Critique de The Chessmen of Mars

Cette critique de The Chessmen of Mars évalue la dernière aventure barsoomienne d’Edgar Rice Burroughs comme une romance planétaire faite de poursuite, de déguisement, de rituel et de spectacle, avec des repères pour le lectorat, des atouts, des réserves, du contexte et des alternatives.

Auteur
Edgar Rice Burroughs
Première publication
1922
Couverture de The Chessmen of Mars
Couverture fournie par Open Library ; l'illustration de l'édition peut différer du texte critiqué.
Voir la source https://openlibrary.org/works/OL1418244W

Cette critique de The Chessmen of Mars soutient que le roman d’Edgar Rice Burroughs est le plus satisfaisant lorsqu’on le lit comme une romance planétaire de la fin de période plutôt que comme de la science-fiction rigoureuse : un livre mû par la poursuite, la parade, l’invention et un repositionnement constant à travers le monde théâtral de Barsoom. Ce n’est pas le meilleur point d’entrée dans la série, et il n’est pas exempt du bagage idéologique de l’aventure pulp ancienne, mais il demeure vif parce que Burroughs donne à l’histoire une structure distinctive de plateau de jeu et maintient le lecteur en mouvement d’un péril bizarre à l’autre.

critique de The Chessmen of Mars : une romance planétaire du mouvement, de la cérémonie et de la construction

La meilleure manière d’entrer dans The Chessmen of Mars est de remarquer à quel point il est délibérément artificiel. Burroughs n’essaie pas de convaincre le lecteur que Mars pourrait réellement fonctionner ainsi. Il construit un décor où chaque ville, coutume, machine et menace semble suffisamment amplifiée pour soutenir une aventure sérielle à plein régime. Au moment où il arrive à ce Barsoom tardif, il n’a plus besoin de prouver que ce monde peut porter une intrigue de cape et d’épée. Il commence plutôt à jouer avec ce monde, et le plus mémorable de ces jeux est l’image même du titre : les échecs, non pas comme simple ornement, mais comme indice de la façon dont le roman pense la capture, la manœuvre, le rang et la libération.

Cela donne à ce livre une tonalité légèrement différente de la force plus fondatrice de A Princess of Mars. Le roman antérieur séduit par la découverte brute et par le frisson du premier contact avec les fonds marins asséchés de Barsoom, ses peuples en guerre et ses codes d’honneur improbables. The Chessmen of Mars a moins de cet impact inaugural. Ce qu’il offre à la place, c’est un affinage par complication. L’histoire répartit l’attention entre déguisements, puissances rivales, institutions étranges, créatures fabriquées et dangers cérémoniels. Elle devient moins un récit d’origine qu’une visite itinérante des plaisirs d’une franchise imaginative déjà établie.

Cette qualité de fin de série compte pour les attentes du lecteur. Burroughs écrit ici avec l’assurance d’un conteur qui présume que le lecteur acceptera les brusques retournements, les coïncidences extravagantes et le tri moral appuyé comme partie intégrante du contrat de divertissement. Le roman ne passe pas beaucoup de temps à défendre sa logique. Il consacre son énergie à transformer chaque intervalle en un autre déplacement sur l’échiquier. En ce sens, sa thèse est simple : maintenir les personnages sous pression, garder le monde étrange et préserver une chaîne de renversements suffisamment nette pour que le lecteur veuille toujours un chapitre de plus.

Pour les lecteurs modernes, le résultat est un livre qui survit moins par sa profondeur psychologique que par son ingénierie narrative. Burroughs sait quand retarder des retrouvailles, quand intensifier le péril, quand changer de lieu et quand introduire une nouvelle règle sociale ou une nouvelle créature au parfum de sensationnalisme. Si cela semble abrupt, c’est le cas. Mais l’abrupt est souvent une part du plaisir dans la romance planétaire. Le roman n’aspire pas à un réalisme subtil. Il veut de la vitesse, de l’image et du danger, et il sait généralement les délivrer.

Ce qui rend ce roman de Barsoom distinctif

La chose la plus distinctive dans The Chessmen of Mars est que son titre n’est pas décoratif. L’idée de pièces d’échecs vivantes et de compétition formalisée confère au livre une identité singulière, y compris au sein de la série de Burroughs. Une suite pulp plus ordinaire se serait peut-être contentée des plaisirs généraux des cités exotiques, de la captivité, du combat et du sauvetage, en changeant simplement les noms et les décors. Burroughs utilise encore ces plaisirs, mais il donne aussi à ce roman un emblème central qui en façonne l’atmosphère. La sensation d’être déplacé, piégé, exposé ou stratégiquement placé traverse l’histoire à plusieurs niveaux, et cela aide l’aventure à paraître moins générique que son dispositif ne le laisserait croire.

Le roman bénéficie aussi du fait de déplacer l’attention loin de John Carter comme unique centre de gravité. En mettant Tara of Helium au premier plan et en associant son histoire à d’autres lignes de mouvement et de poursuite, Burroughs gagne un peu plus de souplesse qu’il n’en a dans les livres dominés par un seul héros masculin invincible. Il s’appuie toujours sur des structures de sauvetage et sur une romance idéalisée, et le travail sur les personnages reste large plutôt que nuancé, mais la redistribution du point d’ancrage narratif donne au livre un rythme plus varié. Il devient une chaîne de convergences plutôt qu’une seule ascension héroïque linéaire.

C’est important, car Barsoom peut autrement devenir répétitif. Les forces de Burroughs sont à la fois évidentes et étroites : il aime l’épreuve, le transit, la capture, le duel, l’évasion et la révélation. Ces ingrédients peuvent s’aplatir en routine s’ils ne sont pas réagencés. Dans The Chessmen of Mars, il les réorganise avec plus de jeu que d’habitude. Le roman multiplie les cadres cérémoniels du danger. Une menace est physique, une autre sociale, une autre technologique, une autre liée au statut ou au rituel. L’action va toujours vite, mais elle n’a pas l’air d’être la même scène recopiée sans cesse.

Il y a aussi, ici, une absence de honte assez réjouissante dans la construction du monde. Burroughs comprend que le bon degré d’invraisemblance peut être un atout en fiction pulp. Il veut des races étranges, des coutumes étranges, des appareils étranges et des espaces étranges, qui puissent être saisis immédiatement et retenus longtemps après que les détails de l’intrigue se sont estompés. Il conçoit Barsoom pour la mémorisation, non pour le contrôle critique. Comme dans une grande partie de la narration populaire classique, ce monde est à son meilleur lorsqu’on l’aborde comme un système visuel et dramatique plutôt que comme un modèle spéculatif entièrement rationalisé.

Points forts : pourquoi le livre se lit encore avec énergie

Son premier atout est l’élan. Burroughs sait presque toujours où terminer une scène, quand retenir une résolution nette et comment transformer une crise en une nouvelle ligne de mouvement. Les lecteurs qui aiment la sensation d’être emportés trouveront que The Chessmen of Mars avance encore à bon rythme malgré son âge. La prose n’est pas ornée, et le registre émotionnel n’est pas subtil, mais le moteur est fiable. Le livre trouve sans cesse des moyens de faire traverser le danger aux corps et de transformer la géographie en suspense.

Son deuxième atout est la parade. La romance planétaire dépend de la disposition du lecteur à se réjouir de l’extravagance, et Burroughs sait présenter l’extravagance par des coups rapides et appuyés. C’est un roman de palais, de salles, de processions, de menaces, de bêtes impossibles et de combats stylisés. Il vit de prémisses saisissantes formulées avec une confiance totale. Cette confiance fait partie de l’expérience. Burroughs s’arrête rarement pour s’excuser du flamboyant de ce qu’il a inventé. Il suppose que si l’image est assez forte et les enjeux assez immédiats, le lecteur le suivra.

Son troisième atout est le jeu structurel. Le motif des échecs donne au roman une forme qui se sent même lorsqu’elle n’est pas explicitement discutée. Les personnages sont séparés, avancés, acculés, capturés, échangés et redirigés. Des alliances se forment sous la pression. Une sécurité apparente devient exposition. Cela crée un sens de la construction plus net que celui de certains romans d’aventure. Même quand la psychologie est mince, l’agencement du péril a une forme. Le livre paraît composé autour des renversements plutôt que simplement accumulé à partir d’épisodes.

Un autre point fort est son utilité historique. Les lecteurs intéressés par le développement de la science-fiction peuvent y apprendre quelque chose de précis : non seulement la manière dont l’aventure spéculative ancienne empruntait à la romance, au récit de quête impériale et au mélodrame sériel, mais aussi avec quelle facilité ces formes pouvaient se mêler avant que les catégories de genre ne se durcissent en attentes plus strictes. The Chessmen of Mars n’est pas de la science-fiction dure, et il ne cherche pas à l’être. Il appartient à la branche pulp où le décor de science-fiction et l’aventure de type fantastique se superposent sans effort. Cela le rend particulièrement utile aux lecteurs qui veulent comprendre pourquoi l’expression « romance planétaire » reste une étiquette pertinente.

Le livre réussit aussi comme exemple de la confiance propre aux mondes de suite. Burroughs ne perd pas de temps à réexpliquer chaque prémisse avec une longueur universitaire. Il fait confiance à la vitalité continue de Barsoom elle-même. Pour certains lecteurs, cela semblera être de l’élan ; pour d’autres, un manque d’étai. Mais quand cela fonctionne, cela produit exactement la sensation que vise la fiction sérielle au long cours : le plaisir de revenir à un monde qui connaît déjà ses propres possibles théâtraux.

Réserves : là où le roman paraît limité ou daté

La réserve la plus nette est qu’il ne s’agit pas d’un Burroughs idéal pour commencer. Un nouveau lecteur peut certainement suivre l’action immédiate, mais le livre a davantage de sens comme visite plus profonde d’un monde déjà rencontré ailleurs. Si vous voulez l’expression la plus pure de ce qui a rendu Barsoom célèbre, A Princess of Mars est le meilleur point d’entrée, car il laisse le monde surgir comme découverte plutôt que comme décor hérité. The Chessmen of Mars se comprend mieux comme variation, prolongement et recomposition.

Une deuxième réserve concerne la caractérisation. Burroughs sait esquisser nettement une motivation et créer de forts enjeux émotionnels, mais il ne s’intéresse pas particulièrement à une vie intérieure stratifiée. Les personnages fonctionnent souvent comme des incarnations de courage, loyauté, vanité, méchanceté, désir ou dévotion plutôt que comme des personnes profondément contradictoires. Si vous avez besoin d’un modelé psychologique complexe pour rester engagé, ce roman pourra sembler décoratif là où vous cherchez de la profondeur. L’imagination du livre est spatiale et cinétique plus qu’introspective.

Une troisième réserve est la répétition. Même avec sa structure en échecs, Burroughs revient si souvent à ses dispositifs favoris que certains lecteurs commenceront à voir la mécanique. Captivité, brusque renversement, amants séparés, récupération improbable, menace malveillante et soulagement de dernière minute reviennent avec une régularité pulp. Les lecteurs qui aiment le rituel de genre y verront peut-être une forme de réassurance. Ceux qui veulent une modulation tonale ou une incertitude plus profonde pourront trouver l’ensemble étroit.

La plus grande réserve moderne reste toutefois idéologique. Comme beaucoup d’aventures pulp anciennes, le roman porte des présupposés sur la race, la hiérarchie, la civilisation et le genre qui ne se tiennent pas innocemment en marge. Ils aident à organiser la fantaisie. La légitimité héroïque et la valeur sociale sont souvent simplifiées d’une manière très caractéristique de l’époque de Burroughs. La présence de Tara of Helium complique quelque peu la formule de la série, mais le livre fonctionne toujours dans un cadre romantico-aventureux qui idéalise certaines formes d’autorité tout en aplanissant d’autres. Une lecture responsable ne l’ignore pas. Elle tient le plaisir imaginatif et la limite historique dans le même cadre.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le roman trouve utilement sa place dans la littérature classique autant que dans la science-fiction. Sa valeur aujourd’hui ne tient pas seulement au fait qu’il peut encore divertir. Elle tient aussi à sa capacité à montrer comment les récits de masse plus anciens ont transformé le spectacle en évidence, et comment l’aventure pouvait sembler libératrice sur un plan tout en portant ailleurs des exclusions plus anciennes.

Adéquation au lecteur : qui a le plus de chances de l’aimer, et qui moins

Ce livre convient particulièrement aux lecteurs qui savent déjà qu’ils aiment l’aventure pulp et veulent davantage qu’un simple volume d’origine. Si vous aimez les histoires construites sur la poursuite, l’évasion, la cérémonie, le déguisement et le danger exotique, The Chessmen of Mars a beaucoup à offrir. Il convient aussi bien aux lecteurs intéressés par l’histoire des genres, qui veulent voir comment Burroughs a gardé Barsoom assez souple pour soutenir un spectacle renouvelé après que les livres fondateurs eurent déjà accompli le travail d’introduction du monde.

Il convient tout particulièrement aux lecteurs capables d’apprécier la propulsion narrative comme une vertu en soi. Certains romans récompensent l’interprétation patiente ; Burroughs récompense l’abandon au mouvement. Si vous appréciez des enjeux nets, des signaux émotionnels larges et le refus d’un conteur de s’attarder lorsqu’un nouveau danger peut surgir à la place, vous le lirez probablement avec plaisir. Le livre est aussi utile aux lecteurs qui aiment voir comment la fantasy d’aventure ultérieure a hérité de son amour pour les lieux dramatiques, la compétence sous pression et les conflits lisibles héroïquement.

Il convient moins aux lecteurs qui recherchent soit la rigueur scientifique, soit une complexité émotionnelle moderne. La romance planétaire peut côtoyer la science-fiction, mais elle se soucie souvent moins de plausibilité que d’élévation imaginative. Mars, chez Burroughs, est d’abord un monde d’histoire. Si ce que vous valorisez le plus dans la fiction spéculative est la discipline conceptuelle, la profondeur sociologique ou le déploiement progressif d’une psychologie ambiguë, ce roman vous paraîtra probablement mince. Il est énergique plutôt que probing.

Il convient aussi moins aux lecteurs qui préfèrent commencer une série par le début. Parce que The Chessmen of Mars présume la vitalité continue de Barsoom, les lecteurs peuvent l’apprécier davantage après avoir eu au moins un contact avec des entrées antérieures comme The Gods of Mars ou The warlord of Mars #3. Cela ne signifie pas que le livre soit inaccessible. Cela signifie que ses plaisirs sont plus cumulatifs qu’introductifs.

En pratique, le lecteur idéal est quelqu’un qui veut une vieille aventure très visuelle avec un crochet étrange, comprend la différence entre l’élan pulp et la subtilité littéraire, et est prêt à lire de manière critique là où l’époque transparaît. Pour ce lecteur, le livre conserve une vraie force.

Contexte pulp et romance planétaire

Une des meilleures raisons de maintenir The Chessmen of Mars en circulation est qu’il clarifie ce qu’est réellement la romance planétaire. Le terme renvoie à bien plus qu’« une histoire située sur une autre planète ». Il désigne un mode dans lequel la distance spéculative ouvre un espace à la romance, au combat, aux sociétés impossibles, aux décors audacieux et à un tri moral à la fois plus vaste que nature et lisible d’emblée. Burroughs a contribué à définir ce mode. Dans Barsoom, Mars devient non pas un laboratoire d’extrapolation rigoureuse, mais une géographie de rêve pour l’épreuve et le désir.

Vu dans ce cadre, The Chessmen of Mars est précieux parce qu’il montre le mode après son invention initiale. A Princess of Mars établit la grammaire. The Chessmen of Mars montre comment cette grammaire peut être recombinée. Les plaisirs sont similaires, mais l’accent passe de la première découverte à l’élaboration. Ce déplacement compte historiquement. Il révèle comment les mondes de genre deviennent des moteurs réutilisables : une fois que les lecteurs acceptent la planète, les écrivains peuvent commencer à varier les jeux locaux qui s’y déroulent.

Le roman aide aussi à expliquer pourquoi une partie de la science-fiction ultérieure a parfois embrassé Burroughs et parfois réagi contre lui. Des livres comme The Martian Chronicles héritent de l’idée que Mars peut servir d’écran à la fantaisie, au désir et à l’angoisse humains, mais ils échangent souvent les héroïsmes abrupts de Burroughs contre la mélancolie, le symbolisme ou la critique. Cette comparaison est utile, car elle montre ce que Barsoom cherche, et ne cherche pas, à faire. Burroughs veut de la sensation et du mouvement. Il n’essaie pas d’offrir le miroir culturel mélancolique ni l’avenir scientifiquement argumenté.

En même temps, il serait trop simple d’appeler cela un simple divertissement d’évasion. L’évasion peut elle aussi être une forme historiquement importante. La version de l’échappée selon Burroughs a aidé des générations de lecteurs et d’écrivains à comprendre à quel point un monde fortement identifié et une suite constante d’épreuves pouvaient produire d’excitation. Le livre appartient non seulement à l’histoire littéraire, mais aussi à l’histoire de la conception du divertissement de masse. Son influence tient en partie à la façon directe dont il traduit le décor en action.

Ce contexte explique aussi pourquoi le livre demeure un titre-pont utile dans une vaste bibliothèque de critiques. Il relie l’aventure classique, la science-fiction ancienne, les structures romanesques, la narration sérielle et le développement du spectacle fantasy commercial. Peu de romans se tiennent exactement à ce carrefour avec une clarté aussi assumée.

Alternatives et parcours de lecture intelligent

Si votre intérêt principal est l’étincelle barsoomienne d’origine, commencez par A Princess of Mars. Il reste la meilleure introduction à Mars chez Burroughs, parce qu’il associe si efficacement la découverte et l’élan. Si vous vous intéressez à la manière dont la série approfondit sa cosmologie et ses étrangetés politico-religieuses, The Gods of Mars est un meilleur compagnon. Si vous voulez simplement davantage de Barsoom après celui-ci, The warlord of Mars #3 aide à suivre la façon dont Burroughs consolide la mécanique héroïco-romantique du cycle.

Si, en revanche, ce qui vous attire ici est l’idée plus large de Mars comme terrain de jeu littéraire, The Martian Chronicles propose une réponse radicalement différente. Bradbury transforme Mars en miroir poétique et hanté du désir et de l’échec humains. Les lire côte à côte est instructif. Burroughs montre la ligne de l’aventure pulp à haute intensité ; Bradbury montre comment la même planète peut devenir élégiaque, ironique et culturellement consciente d’elle-même.

Les lecteurs qui apprécient surtout The Chessmen of Mars pour son monde flamboyant voudront peut-être aussi parcourir l’ensemble plus large de la science-fiction pour d’autres livres où le décor crée sa propre logique dramatique, ou celui de la littérature classique pour des œuvres d’aventure et de spéculation plus anciennes dont l’importance historique est inséparable de leurs limites. Burroughs donne rarement la version la mieux écrite d’une idée, mais il en donne souvent l’une des plus nettes et des plus contagieuses.

L’alternative clé dépend de ce que vous voulez en plus grande quantité. Davantage d’énergie d’origine : A Princess of Mars. Davantage de continuité barsoomienne : The Gods of Mars ou The warlord of Mars #3. Davantage de Mars littéraire : The Martian Chronicles. Davantage de complexité moderne : probablement ailleurs dans la catégorie. C’est aussi ce qui fait l’utilité de cette critique. The Chessmen of Mars n’est pas une recommandation universelle. C’en est une très spécifique.

Verdict final

The Chessmen of Mars reste digne d’être lu parce qu’il sait exactement quel type de divertissement il veut être. Il veut la poursuite, le spectacle, le rituel, la romance, la séparation, les retrouvailles, des machines étranges, une menace improbable et une poussée continue vers l’avant. Burroughs ne prétend pas que ces plaisirs soient secondaires ; il construit tout le roman pour les intensifier. Quand le livre fonctionne, il fonctionne par la confiance et l’agencement plutôt que par le style ou la profondeur.

Ses faiblesses sont réelles. L’idéologie est datée, les personnages sont surtout des types larges, et l’intrigue pilotée par les épisodes peut révéler ses propres répétitions. Ce n’est pas le roman de Barsoom le plus riche sur le plan émotionnel, et ce n’est pas le meilleur point de départ pour des lecteurs qui ne connaissent pas la série. Mais le motif des échecs lui donne une identité, et la liberté propre aux livres tardifs permet à Burroughs de jouer plus ouvertement avec sa propre mécanique. Cela compte énormément.

La recommandation finale est donc nuancée plutôt que générale. Lisez ce livre si vous voulez un exemple vif de romance planétaire en mode pulp intégral, surtout si vous savez déjà que vous aimez l’aventure ancienne et que vous pouvez la lire de manière critique. Passez votre chemin si vous avez besoin d’une densité psychologique moderne ou si vous voulez Barsoom dans sa forme la plus immédiatement accessible. Pour le bon lecteur, en revanche, le livre fait encore ce que le pulp durable est censé faire : créer un monde assez étrange pour être retenu en mémoire et un mouvement assez puissant pour continuer à tourner les pages.

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