Critique de livre

Critique de The Tin Woodman of Oz

Une critique professionnelle de The Tin Woodman of Oz de L. Frank Baum, centrée sur l’identité, la mémoire, l’invention comique, l’adéquation au lectorat et la portée émotionnelle inhabituelle du roman.

Auteur
L. Frank Baum
Première publication
1918
Couverture de The Tin Woodman of Oz
Couverture fournie par Open Library ; l'illustration de l'édition peut différer du texte critiqué.
Voir la source https://openlibrary.org/works/OL262381W

critique de The Tin Woodman of Oz : identité, amour et mélancolie comique dans l’Oz tardif

Dans cette critique de The Tin Woodman of Oz, l’idée essentielle est que L. Frank Baum transforme ce qui aurait pu n’être qu’une légère histoire de retrouvailles en l’un des livres les plus singuliers et les plus discrètement interrogatifs de la série Oz. Le roman commence par un regard en arrière. L’Homme de fer-blanc se souvient de la jeune Munchkin qu’il comptait épouser avant que l’enchantement de la Méchante Sorcière ne le force, membre après membre, à entrer dans son corps métallique. Ce souvenir le lance à la recherche de Nimmie Amee, mais la véritable destination n’est pas la romance. C’est une question : si une personne a perdu sa chair, échangé son cœur et vécu une toute nouvelle vie publique, qu’est-ce qui subsiste exactement du soi qui avait autrefois fait une promesse ?

Cette question donne au livre bien plus de relief que sa surface fantasque ne le laisse d’abord supposer. À un niveau, il s’agit d’une aventure comique dans Oz, pleine de détours, de transformations, de créatures absurdes et de compagnons réjouis. À un autre, Baum revisite l’une de ses inventions les plus hantées à partir de The Wonderful Wizard of Oz et refuse de la lisser en une nostalgie facile. L’Homme de fer-blanc cherche une forme de clôture, mais, dans Oz, la clôture n’est jamais tout à fait la même chose que la restauration. Le temps ne blesse peut-être pas les gens de la manière ordinaire, et la mort n’y fonctionne peut-être pas comme ailleurs, mais les choix continuent de s’accumuler, et les anciennes dettes affectives ne restent pas figées simplement parce qu’un monde de conte permet de réparer les corps.

Le résultat est un roman tardif d’Oz qui mérite mieux que d’être considéré comme une simple parenthèse. Ce n’est pas la meilleure porte d’entrée vers Baum, ni le livre le plus haletant de la série. C’est toutefois l’un des plus révélateurs. Les lecteurs venus pour la fantaisie ludique l’y trouveront. Ceux qui remarqueront aussi la pression philosophique étrange qui se cache sous le jeu verront que ce roman persiste plus longtemps que bien des aventures enfantines plus nettes.

Pourquoi ce roman d’Oz compte davantage que sa prémisse ne le laisse penser

La prémisse, à elle seule, est déjà assez forte pour retenir l’attention. Un personnage d’un livre antérieur adoré comprend qu’il n’a jamais résolu l’histoire d’amour qui a défini son origine, et il part des années plus tard régler cette affaire. C’est un geste narratif sériel très habile. Baum peut ainsi rouvrir un pan de sa mythologie au lieu de se contenter de l’étendre. Mais le livre compte parce que Baum ne s’arrête pas à l’entretien de la continuité. Il utilise cette prémisse pour examiner l’instabilité inscrite dans toute l’existence de l’Homme de fer-blanc.

Nick Chopper est, d’un certain point de vue, toujours Nick Chopper. Il se souvient du passé, il reconnaît ses devoirs et il se sent responsable de la jeune fille qu’il a laissée derrière lui. Pourtant, il n’est plus non plus le bûcheron qui aimait d’abord Nimmie Amee. Son corps a été remplacé. Son rôle social a changé. Il est désormais le souverain étincelant des Winkies, non plus un pauvre travailleur espérant se marier. Même son vocabulaire affectif est devenu légèrement plus abstrait sous l’habitude ozienne de traduire le pathétique en esprit aimable. La force du roman vient de son refus de faire semblant que ces différences n’importent pas.

Cela donne à The Tin Woodman of Oz une intelligence émotionnelle d’un registre plus adulte que ce que certains lecteurs attendent de Baum. Le livre n’est pas émotionnellement intense au sens moderne. Il ne s’attarde pas dans des scènes de confession ou de tourment intérieur. Mais il comprend quelque chose de tranchant : une promesse peut rester moralement vivante même après que la personne qui l’a faite a changé au point d’être presque méconnaissable. Si la quête existe, c’est parce que la mémoire crée une obligation. L’Homme de fer-blanc ne peut pas entendre sa propre vieille histoire et rester immobile.

C’est aussi pourquoi le roman s’inscrit si bien dans la rubrique fantasy du site. Baum n’utilise pas la fantasy comme un simple ornement. Il se sert de corps magiques, de survivances enchantées et de continuités impossibles pour mettre en scène des questions que la fiction réaliste devrait traiter autrement. Qu’est-ce qui compte comme un soi ? Qu’est-ce qui compte comme loyauté ? Un ancien amour peut-il être repris lorsque la personne qui revient est, au sens littéral comme au sens symbolique, faite de pièces différentes ?

La structure de quête est lâche, mais elle sert le propos de Baum

Toute évaluation honnête doit reconnaître que le roman est épisodique. L’Homme de fer-blanc part avec l’Épouvantail et Woot le Vagabond, puis le voyage progresse par une suite de rencontres souvent délicieuses en elles-mêmes, mais pas toujours étroitement cumulatives. Les lecteurs qui recherchent la compression narrative moderne pourront avoir l’impression que le livre s’arrête pour savourer ses propres inventions. Il y a des sociétés comiques, des dangers magiques, des transformations, des sauvetages et des bizarreries sociales qui retardent longtemps l’essentiel émotionnel.

Pourtant, cette relâche n’est pas un poids mort accidentel. Elle appartient à la méthode de Baum. Les livres d’Oz fonctionnent souvent par charme sériel plutôt que par intrigue à marche forcée, et ici ce mode produit un effet utile. Le caractère errant du parcours fait que la rencontre finale avec Nimmie Amee ressemble moins à l’aboutissement inévitable d’une ligne droite qu’à un règlement de comptes différé. Les compagnons ne foncent pas à travers une crise. Ils avancent dans un monde où le passé devient plus étrange à mesure qu’ils s’en approchent.

Woot le Vagabond participe à l’efficacité de cette structure. C’est un questionneur pratique, la curiosité d’un enfant mise en forme narrative. Comme l’Homme de fer-blanc et l’Épouvantail se connaissent déjà trop bien, l’arrivée de Woot crée les conditions du récit, de la mémoire et du mouvement. Il pose les questions qui rouvrent le passé, et sa présence empêche le livre de devenir purement rétrospectif. Baum avait besoin de cet observateur neuf. Sans lui, le roman aurait pu ressembler à une annexe consciente d’elle-même à une ancienne tradition ; avec lui, il ressemble à une histoire redécouverte en action.

Il en va de même pour les nombreuses scènes fortes du livre. Leur valeur ne tient pas seulement à leur fantaisie. Elle tient au fait qu’elles mettent sans cesse à l’épreuve le contraste entre identité mécanique et changement vivant. Les corps sont transformés, réduits, déplacés et restaurés. Les personnages rencontrent des doubles, des fragments ou des versions altérées d’eux-mêmes. La comédie peut sembler aérienne, mais l’imagerie revient sans cesse à la même préoccupation sous-jacente. C’est un livre peuplé d’êtres qui peuvent être refaits, et qui demande sans relâche si le fait de refaire clarifie ou brouille ce qu’ils sont vraiment.

L’identité est le sujet le plus étrange et le plus fort du roman

La meilleure raison de prendre The Tin Woodman of Oz au sérieux, c’est qu’il s’agit de l’une des rares fantasy pour enfants de son époque à rendre l’identité véritablement étrange. Non pas seulement magique, étrange. L’Homme de fer-blanc lui-même est déjà une création troublante, un homme qui a survécu par remplacement progressif. Ce roman accentue encore cette étrangeté en introduisant le capitaine Fyter, un autre prétendant dont le corps a été lui aussi converti en fer-blanc, puis en poussant toute la prémisse vers une comédie métaphysique à part entière avec la découverte de Chopfyt, un homme vivant assemblé à partir des parties organiques abandonnées des deux anciens rivaux.

Ce développement narratif est drôle, mais pas seulement. Il transforme le livre en expérience de pensée déguisée en farce. Si la chair d’origine reste utilisable, si elle peut être recombinée, si d’anciennes parties peuvent soutenir une nouvelle vie, alors l’histoire de l’Homme de fer-blanc n’est pas seulement tragique ou pittoresque. Elle devient ontologiquement instable. Le roman traite soudain de continuité, de propriété, d’incarnation et de revendication personnelle, le tout dans un style assez léger pour les enfants et assez étrange pour surprendre les adultes.

Baum ne traduit jamais ces problèmes en discours philosophique, et cette retenue fait partie du charme. Il fait confiance à la situation elle-même pour accomplir le travail. Le lecteur n’a pas besoin d’une leçon sur l’identité pour ressentir le choc de rencontrer une personne qui est à la fois personne et, au sens matériel, reliquat de deux anciens soi. Il n’a pas non plus besoin d’une analyse prolongée pour comprendre pourquoi les retrouvailles avec Nimmie Amee ne peuvent en aucun cas se résoudre en une simple scène de mariage. Trop de choses se sont passées. Trop de versions du passé se tiennent désormais physiquement dans la pièce.

C’est ici que le livre se distingue d’une logique de suite plus routinière. Il n’existe pas simplement pour récompenser la curiosité des amateurs. Il existe pour montrer que la curiosité peut révéler des contradictions. Si Ozma of Oz propose l’un des récits de quête les plus épurés de Baum, et The Patchwork Girl of Oz l’un de ses mondes les plus exubéramment artificiels, The Tin Woodman of Oz occupe un territoire médian plus étrange. Il est à la fois rétrospectif et déstabilisant, à la fois attaché à sa propre mythologie et prêt à la rendre maladroite.

Nimmie Amee donne sa force à la fin

Le roman serait bien plus mince si Nimmie Amee n’existait que comme récompense au bout de l’aventure d’un homme. Baum fait mieux. Quand la rencontre tant attendue a enfin lieu, Nimmie Amee n’est pas suspendue dans un ambre romantique, conservant patiemment un ancien engagement jusqu’à ce que les hommes concernés s’arrangent entre eux. Elle s’est construit une vie. Elle a son propre ordre domestique, ses propres préférences et son propre jugement calme face au chaos qui arrive soudain à sa porte.

Ce choix est le vrai coup de maître du livre. Au lieu d’offrir à l’Homme de fer-blanc une restauration sentimentale, Baum lui donne des informations, de l’embarras et une forme de libération. Nimmie Amee n’est pas méchante, mais elle n’est pas là non plus pour valider de vieilles images de soi. Elle rappelle à l’Homme de fer-blanc et au capitaine Fyter qu’ils l’ont bel et bien laissée derrière eux, très concrètement. Leurs explications sont compréhensibles, mais le temps passé dans Oz a tout de même produit des conséquences. Le monde ne les a pas attendus pendant qu’ils se découvraient eux-mêmes.

Chopfyt, de son côté, transforme toute la scène en malaise comique d’un très haut niveau. Il est absurde, mais il rend aussi visible le point le plus profond du roman : les personnes ne sont pas interchangeables simplement parce que les pièces le sont. Le mariage de Nimmie Amee avec lui n’a rien d’un idéal romantique. C’est quelque chose de beaucoup plus baumien, un compromis domestiqué obtenu dans un monde où l’absurde magique finit tôt ou tard par se stabiliser en habitude. Elle préfère le mari qu’elle connaît déjà, quelle que soit la nature mêlée de celui-ci, au bouleversement que représenterait le fait de recommencer à zéro.

Cette fin donne au livre une fermeté inhabituelle. Une version plus faible de cette histoire réunirait d’anciens amoureux et s’en féliciterait. Baum laisse au contraire le passé rester en partie irrécupérable. L’Homme de fer-blanc n’obtient pas ce qu’il imaginait vouloir, mais il obtient une liberté face à une fausse obligation, et le roman gagne en vérité en acceptant cette distinction. Pour une fantasy pour enfants, c’est une reconnaissance remarquablement peu sentimentale du fait que la clôture signifie parfois accepter la vie établie d’autrui plutôt que récupérer sa propre version préférée de l’histoire.

Ton, style et équilibre entre fantaisie et mélancolie

Le style de Baum ici est reconnaissable comme celui de son Oz tardif : vif, conversationnel, joueur, et plein d’une confiance joyeuse dans l’inventivité du monde. Il s’abandonne rarement longtemps à la solennité. Même les prémisses potentiellement dérangeantes sont amorties par l’esprit, l’aisance sociale et les présupposés bienveillants de la série. Cette légèreté de ton est l’une des raisons pour lesquelles le livre reste accessible. Elle permet à Baum d’explorer des matières troublantes sans rendre le roman oppressant pour les plus jeunes lecteurs.

En même temps, cette légèreté peut induire les critiques en erreur et les amener à sous-estimer ce que le livre accomplit. La fantaisie n’est pas l’opposé de la mélancolie. Elle en est le véhicule. Les compagnons plaisantent, discutent, errent et survivent à des situations absurdes, mais sous tout ce mouvement se trouve le pathos d’un homme qui découvre qu’il est devenu un symbole de bonté et de gouvernement tandis que l’histoire privée qui l’avait autrefois défini a poursuivi sa route sans lui. Baum ne dramatise pas cette perte avec des détails psychologiques modernes. Il fait quelque chose de plus subtil pour son public : il laisse le cadre comique frôler sans cesse l’irréparable.

Ce mélange tonal est l’une des vraies réussites du roman. Trop de mélancolie rigidifierait Oz et le rendrait étranger à lui-même. Trop de fantaisie réduirait l’intrigue de retrouvailles à une curiosité. Baum maintient les deux en circulation. L’intelligence sèche de l’Épouvantail, le pragmatisme de Woot, la pure étrangeté des paysages et les découvertes de plus en plus bizarres sur les anciens corps et les anciennes promesses contribuent ensemble à produire un livre drôle, mais drôle d’une manière qui laisse toujours apparaître une pointe de tristesse.

Les lecteurs qui apprécient déjà l’air mûr, légèrement réflexif, de l’Oz tardif de Baum y trouveront peut-être davantage de valeur que ceux qui viennent directement de la franchise plus lumineuse et directe de The Wonderful Wizard of Oz. Ce n’est pas un meilleur livre que le premier de la série, mais c’en est à certains égards un plus étrange, et c’est précisément cette étrangeté qui le rend mémorable.

Qui devrait le lire, et qui serait peut-être mieux servi ailleurs

Ce roman se recommande le plus facilement aux lecteurs qui éprouvent déjà une certaine affection pour Oz. La familiarité aide, car le principal plaisir du livre repose sur la réouverture d’un ancien matériau plutôt que sur la création d’un tout nouveau contrat d’imagination. Quelqu’un qui connaît déjà l’Homme de fer-blanc comme figure de douceur, de loyauté et de vulnérabilité mécanique sentira le poids de voir son passé remis en question.

C’est aussi une bonne proposition pour les lecteurs, jeunes ou adultes, qui aiment une fantasy classique capable de vagabonder. Le livre n’avance pas avec l’efficacité moderne. Il prend des chemins de traverse, met en scène des rencontres fantasques et fait davantage confiance à la curiosité qu’à la tension. Les lecteurs qui aiment ce rythme plus ancien, y compris ceux qui réagissent bien à des livres comme The Magic City, sont plus susceptibles d’apprécier ici la méthode de Baum.

En revanche, il conviendra moins à ceux qui ont besoin d’un suspense intense, d’une méchanceté bien serrée ou d’une analyse intérieure approfondie des personnages. Les implications émotionnelles et philosophiques sont plus fortes que la psychologie de surface. Baum travaille en contours nets, non en nuances modernes. Si un lecteur veut une fantasy classique à l’atmosphère plus onirique et à la densité symbolique plus forte, Phantastes offre une étrangeté d’un tout autre ordre. Si le lecteur veut un roman d’Oz plus clairement introductif ou plus expansif dans son merveilleux, d’autres volumes feront peut-être mieux l’affaire.

Pour les lecteurs plus jeunes en particulier, la meilleure orientation est simple : ce n’est pas le livre d’Oz qui convaincra à lui seul un sceptique, mais c’est très souvent celui qui surprend un lecteur déjà intéressé en se révélant plus intelligent et plus triste que prévu. Du côté jeunes adultes du catalogue, cela en fait un pont utile entre l’aventure de pur conte et une fantasy classique plus réflexive.

Place dans la série Oz et alternatives utiles

Dans le cycle Oz, The Tin Woodman of Oz montre Baum en train de faire quelque chose qu’il faisait très bien dans ses livres tardifs : traiter le monde accumulé non pas seulement comme un décor à revisiter, mais comme une banque de mémoire que l’on peut rouvrir sous un nouvel angle. Les premiers livres établissent les plaisirs d’Oz. Les livres tardifs testent parfois ce que ces plaisirs deviennent une fois le monde stabilisé, densément peuplé et conscient de lui-même. Ce roman appartient à ce dernier mode. Il suppose que l’enchantement est assez solide pour supporter une pression rétrospective.

Cela en fait un compagnon utile de Glinda of Oz, autre livre tardif de la série davantage intéressé par les usages de l’autorité et la forme de la société d’Oz que par la fraîcheur d’une histoire d’origine. Mais la comparaison aide aussi à définir la différence. Glinda of Oz parle d’intervention et de gouvernement ; The Tin Woodman of Oz parle de mémoire, de continuité et de l’après-comique d’une catastrophe corporelle. Ce sont deux Oz tardifs, et pourtant ils révèlent des dimensions différentes de l’imagination de Baum une fois que la série n’a plus besoin de se présenter.

Les lecteurs qui cherchent des alternatives devraient choisir selon l’aspect de ce livre qui les attire le plus. Si l’attrait tient au pathos originel de l’Homme de fer-blanc, il faut commencer par The Wonderful Wizard of Oz ou y revenir. Si l’attrait tient à la machinerie plus large, royale et orientée quête d’Oz, Ozma of Oz est une recommandation plus nette. Si l’attrait tient au goût de Baum pour les êtres assemblés, l’étrangeté magique et la transformation des corps, The Patchwork Girl of Oz offre un pendant plus exubérant.

Vu sous cet angle, ce livre mérite une place claire dans la bibliothèque. Ce n’est pas simplement un autre titre d’Oz pour les complétistes. C’est l’un des meilleurs exemples de la manière dont un monde enfantin fantaisiste peut contenir une méditation réellement étrange sur ce que les gens doivent à leurs anciens soi.

Bilan final

The Tin Woodman of Oz n’est pas sans défauts. Ses sections centrales peuvent s’égarer, son traitement psychologique reste ample, et certains lecteurs préféreront toujours Baum quand il présente Oz plutôt que lorsqu’il y revient. Mais ces limites sont faciles à accepter, parce que la conception centrale du livre est excellente. Peu de fantasy classique pour enfants prennent un vieux personnage secondaire, suivent le fil émotionnel non résolu de son passé, et aboutissent à quelque chose d’aussi drôle, troublant et thématiquement précis.

Le verdict professionnel est qu’il s’agit de l’un des romans tardifs les plus gratifiants de Baum, surtout pour les lecteurs intéressés par les mécanismes étranges de l’identité dans le conte. Son charme tient aux plaisirs ozien habituels que sont la compagnie, l’invention et l’absurde bienveillant. Sa capacité à demeurer en mémoire tient à la prise de conscience qu’une personne peut survivre à une transformation et découvrir malgré tout que la vie qu’on avait autrefois imaginée pour elle appartient au passé. C’est une intuition étonnamment mûre pour un livre aussi enjoué.

Pour les lecteurs qui parcourent la fantasy classique, c’est une recommandation sélective solide. Ce n’est pas le premier livre d’Oz à lire, mais c’est très certainement l’un des plus intéressants une fois ce premier pas franchi.

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